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Le point sur la situation
Point de situation n°39 du 13 mars 2012
13/03/2012 18:45L’ASN fait le point sur la situation de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi les conséquences radiologiques au Japon et en Europe.
I. Situation technique de la centrale de Fukushima Daiichi (au 7 mars 2012)
A. Situation des réacteurs
Les réacteurs n°1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi continuent d’être refroidis par injection d’eau douce directement dans les cuves contenant les combustibles. Les moyens d’injection d’eau dans les cuves ont été fiabilisés. Ils permettent de maintenir la température du circuit primaire (RPV) aux alentours de 40° C pour les réacteurs n°2 et 3 et 25° C pour le réacteur n°1.
Le circuit primaire n’est néanmoins pas étanche ; l’eau qui y est injectée est récupérée dans les parties basses des bâtiments (cf. schéma ci-dessous).
Schéma de l'injection d'eau dans les cuves des réacteurs.
B. Le refroidissement des piscines d’entreposage du combustible usé
Les piscines des réacteurs sont refroidies en circuit fermé. La température de l’eau est maintenue inférieure à 25°C.
Refroidissement des piscines des réacteurs en circuit fermé
C. La gestion de l’eau contaminée sur le site
Les eaux stockées sur le site sont pompées, stockées, traitées puis réinjectées en partie dans les réacteurs n°1, 2 et 3. A la mi-décembre 2011, environ 200 000 tonnes d’eau avaient été traitées ; 80 000 tonnes d’eau traitée avaient été réinjectées dans les réacteurs ; 135 000 tonnes d’eau traitée avaient été stockées dans des réservoirs sur site.
Pour traiter les effluents générés par les actions de refroidissement du combustible, l’exploitant a mis en service des installations de décontamination et de désalinisation des eaux, fournies en partie par Kurion et Toshiba.
D. La limitation des rejets radioactifs
Afin de limiter la dispersion de la contamination, le recouvrement du bâtiment réacteur n°1 a été achevé le 28 octobre 2011. Une opération similaire est étudiée pour les réacteurs n°3 et 4 dont les bâtiments sont les plus endommagés.
Des rejets radioactifs gazeux se poursuivent ; ils sont de l’ordre de 60 MBq/h soit 10 000 000 fois moins que l’activité rejetée au moment de l’accident. Une installation de traitement des effluents gazeux fonctionne pour les réacteurs n°1 et 2.
Des fuites d’eau radioactives sont régulièrement détectées, notamment au niveau des installations de traitement des effluents ou des déchets. La construction d’une enceinte permettant de limiter les rejets radioactifs vers la mer est projetée.
Des opérations d’évacuation des débris présents sur le site se poursuivent (29 000 m3 avaient été évacués à la mi-décembre).
II. Gestion des conséquences radiologiques au Japon
1. Synthèse au 13 mars 2012
La caractérisation et la surveillance générale de l’environnement sont coordonnées par les autorités japonaises et réalisées par différents acteurs. Les différentes mesures sont détaillées dans le Comprehensive Monitoring Plan. Les césiums radioactifs sont désormais majoritaires dans l’environnement, les iodes ayant diminué sous l’effet de la décroissance radioactive (note IRSN 27/09/2011). En mer, malgré les quantités importantes rejetées, la conjonction de deux grands courants marins à proximité du site a entraîné une dispersion très importante des radionucléides (note IRSN 26/10/11)
Le bilan de l’exposition des travailleurs a été actualisé par Tepco au 29 février 2012.
Les premiers résultats du suivi de la santé des populations évacuées ont été publiés en février 2012. Sur 10 000 personnes et pour la période de mars à juillet 2011 :
- 40 % des personnes ont reçu des doses externes < 1 mSv ;
- 71 personnes ont reçu des doses externes > 10 mSv avec un maximum de 23 mSv.
Un zonage post-accidentel a été défini par le gouvernement japonais le 22 avril 2011 puis réactualisé, pour assurer la protection des populations résidant dans la préfecture de Fukushima. Les zones les plus contaminées par les substances radioactives sont interdites d’accès et les populations y résidant ont été relogées. Au-delà de ces territoires, des actions de décontamination et de surveillance renforcée sont engagées.
Une surveillance renforcée des niveaux de contamination des denrées alimentaires produites sur le territoire japonais a été organisée au niveau des préfectures les plus affectées par la contamination, voire au-delà . Les résultats de ces analyses sont actualisés à un rythme hebdomadaire. Au mois de mars 2012, les autorités japonaises ont annoncé un abaissement des niveaux maximaux admissibles (NMA) japonais, pour mise en œuvre progressive à partir du 1er avril 2012.
| NMA appliqués en 2011 |
NMA appliqués à partir du 1er avril 2012 |
||
| Catégorie d’aliments | Niveau maximum admissible pour le Césium (Bq/kg) | Catégorie d’aliments | Niveau maximum admissible pour le Césium (Bq/kg) |
| Eau potable | 200 | Eau potable | 10 |
| Lait et produits laitiers | 200 | Lait | 50 |
| Végétaux frais | 500 | Aliments pour enfants | 50 |
| Céréales | Autres aliments | 100 | |
| Viande, œufs, poisson | |||
Une loi encadrant la décontamination des territoires contaminés a été promulguée par le gouvernement japonais le 30 août 2011. Le gouvernement japonais porte la responsabilité de la décontamination, à l’exception des zones où l’exposition prévisionnelle est inférieure à 20 mSv/an. Dans celles-là , les municipalités sont responsables du plan de décontamination. Ces travaux de décontamination, touchant le milieu urbain, agricole et forestier s’accompagnent de la publication régulière de documents techniques, s’enrichissant régulièrement de leur propre retour d’expérience. La gestion des déchets a fait également l’objet de dispositions spécifiques prévues par la loi du 31 août 2011.
Les objectifs de décontamination ont été précisés en février 2012 afin de tenir compte de l’hétérogénéité des niveaux de contamination mesurés dans les zones évacuées. Des sous-zones ont donc été définies en fonction de l’exposition prévisionnelle :
- < 20 mSv/an : les travaux de décontamination devraient permettre un retour rapide des populations ;
- comprise entre 20 et 50 mSv/an : le retour des populations ne serait envisageable que d’ici plusieurs années ;
- > 50 mSv/an : le retour des populations n’est pas envisagé.
Les orientations en matière d’indemnisation ont été fixées par le Dispute Reconciliation Comittee for Nuclear Damage Compensation. L’indemnisation des populations et des professionnels est en cours ; à cet effet un fonds spécifique a été constitué et doté de 6 milliards d’euros. Un bilan des indemnisations versées par Tepco a été publié au 18 décembre 2011.
L’Europe a maintenu le contrôle des importations alimentaires en provenance du Japon jusqu’au 31 mars (règlement EU n°1371/2011 du 21 décembre 2011) tout en l’adaptant à la connaissance de la situation radiologique (surveillance des césiums radioactifs uniquement, limitée aux 11 préfectures où des dépassements ont été publiés par les autorités japonaises). Le milieu marin (Pacifique nord) est jugé à risque faible vis-à -vis de la contamination potentielle des poissons, et seuls les poissons pélagiques (thon, espadon, marlin) et les produits dérivés font l’objet d’une surveillance à l’importation.
2. Développements au 13 mars 2012
III. Contrôle des produits importés en Europe
Depuis mars 2011, des dispositions communautaire (règlement EU n°1371/2011 du 21 décembre 2011) prévoient un contrôle renforcé des denrées importées en provenance de 11 préfectures japonaises ; par conséquent 11 préfectures font l’objet de dispositions spécifiques. Il s’agit de Fukushima, Gunma, Ibaraki, Tochigi, Miyagi, Yamanashi, Saitama, Tokyo, Chiba, Kanagawa, Shizuoka. En outre, une surveillance des produits d’origine marine et les produits dérivés en provenance du Pacifique nord est également active.
Le tableau ci-après résume les taux de contrôle en France appliqués aux produits importés en provenance du Japon :
| Taux de contrĂ´le | ||||
| Marchandises | Dispositif UE | Dispositif national actuel |
Dispositif national retenu (note SGDSG du 28 juillet 2011) |
|
| Denrées alimentaires | Thé, pousses de bambou, champignons et « abricots japonais » |
10 % ou 20 % (selon la zone[1]) |
100 % (sous forme fraiche) ou 10 % ou 20 % (sous forme non fraiche) | 100 % |
|
Aliments frais d’origine végétale[2] (hors thé, pousses de bambou, champignons et « abricots japonais ») |
10 % ou 20 % (selon la zone) | 100 % |
10 % ou 20 % (selon la zone) |
|
|
Aliments non frais d’origine végétale (hors thé, pousses de bambou, champignons et « abricots japonais ») |
10 % ou 20 % (selon la zone) |
10 % ou 20 % (selon la zone) |
10% ou 20 % (selon la zone) |
|
| Aliments d’origine animale destinés à la consommation humaine |
10 % ou 20 % (selon la zone) | 100 % | ||
| Produits manufacturés | Fret aérien | Compétence des États membres | 1 avion par jour | 1 avion par semaine |
| Fret maritime | 1 à 3 % des conteneurs débarqués à Marseille et au Havre | |||
Par ailleurs, la commission a publié une synthèse des contrôles mis en œuvre par les États membres depuis avril 2011 portant sur les denrées importées depuis le Japon :
|
Nombre d’échantillons 01/04/2011 au 31/12/2011 |
Produit montrant une activité significative (>10 Bq/kg) | Origine |
Fourchette des valeurs d’activité mesurée de Cs-134 (Bq/kg) |
Fourchette des valeurs d’activité mesurée de Cs-137 (Bq/kg) | Période | |
| Denrées importées du Japon | Poisson du Pacifique | |||||
| 1967 | 409 |
Feuilles de thé vert (16 échantillons) | Shizuaka | 30 – 485 | 35-553 |
Juin Ă novembre 2011 |
|
Racine de pissenlit (1 échantillon) | Kanto | 32 | 42 | Novembre 2011 | ||
|
Sauce soja (1 échantillon) | Saitama | 110 | 110 | Décembre 2011 | ||
|
Feuilles de thé vert (1 échantillon) | Tokyo | 34 | 41 | Décembre 2011 | ||
cartes de contamination détaillées
Carte de la contamination des sols autour de la centrale de Fukushima Daiichi
|
|
[1] Depuis l’adoption le 7 juillet 2011 du règlement d’exécution (UE) N°657/2011 de la Commission, douze préfectures japonaises font partie de la zone à risque où l’ensemble des aliments pour animaux et des denrées alimentaires qui en sont originaires, doivent être contrôlés avant leur exportation vers l’Union européenne s’ils ont été récoltés et/ou transformés après le 11 mars 2011. Ces douze préfectures sont : Fukushima, Gunma, Ibaraki, Tochigi, Miyagi, Nagano, Yamanashi, Saitama, Tokyo, Chiba, Kanagawa et Shizuoka.
[2] Le taux de contrôle des produits frais d’origine végétale de la mer et des rivières (algues) reste inchangé soit 100%.
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La protection des populations par la distribution des comprimés d'iode
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La surveillance en temps réel de la radioactivité sur le territoire français
http://www.irsn.fr/
La fiche d'information synthétique sur les situations d'urgence nucléaire
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Ressortissants Français
Ce questionnaire doit être soumis à tout ressortissant français ayant séjourné sur le territoire japonais depuis le 11 mars 2011, quelle que soit la durée de son séjour.
Un questionnaire par personne doit ĂŞtre rempli.
Qui contacter ?
Ministère des Affaires Etrangères
La cellule de réponse téléphonique pour les familles demeurant ou ayant de la famille au Japon est en place :
- 01.43.17.56.46
A l’Ambassade de France au Japon, la cellule de crise est joignable au :
- 0081-3-5798-6000 (depuis la France) ;
- (03)-5798-6000 (depuis le Japon).
-
Et par courriel Ă :
urgence.tokyo-amba@diplomatie.gouv.fr.
La mairie de Sendai a également mis en place deux hotlines pour les étrangers vivant à Sendai :
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